La tapisserie de Gafsa a des origines incertaines. Pour Poinsot et Revault, par exemple, les tapis de Gafsa auraient reçu une influence orientale, principalement en ce qui concerne les motifs géométriques, qui rappèlent ceux de Grèce et d’Anatolie.
Cependant, les losanges, triangles et chevrons sont des motifs qui se retrouvent aussi dans les tapis berbères et subsahariens.

Grâce au témoignage de certains auteurs, on sait que les tissages de Gafsa étaient déjà renommés au XI siècle. Al-Braki, auteur de ce siècle, mentionne l’existence de tissus qui pourraient être les ancêtres des grandes pièces de laine de Gafsa.

Léon l’Africain, au XVI siècle, remarque qu’à Gafsa : « se trouve quatre choses singulières et commandables : dattes, olives, toiles et vases »

Par la suite, les témoignages deviennent plus fréquents, surtout au XIX siècle, époque où beaucoup de voyageurs sillonnent le pays. Certains témoignages font la description de tapis qui peuvent faire penser à la tapisserie actuelle de Gafsa : Photos d’un tapis en damier. Archive mmuralgafsa.
« le tissu [de Gafsa] est épais, serré et recouvert de dessins aux couleurs vives ; c’est du rouge, du vert, du bleu ou du jaune aussi éclatant que possible. En dehors des ornements qui consistent en lignes droites ou brisées, en losanges, en triangles, en carrés figurant des échiquiers(…), en croix de Malte, le dessin quelque peu barbare représente des hommes ou des animaux, des chameaux, des poissons de référence. »

Depuis le XIX siècle, les tapis de Gafsa sont facilement commercialisés dans les souks de Sfax, Kairouan, Gabès et Djerba…

Cependant a partir des années 1940, la production des tapis de Gafsa a souffert à cause des imitations faites dans d’autres villes et spécialement à Kairouan.

Suite à l’indépendance, le gouvernement à crée l’ONA, l’Office National de l’Artisanat, (dont l’ancêtre fut l’Office des arts indigènes), afin de protéger et assurer la pérennité du patrimoine artisanal de la Tunisie.

La tapisserie murale a en effet connut quelques difficultés à cause de la qualité des produits proposés entre les années 1995 et 1998. L’Office National de l’Artisanat, dans le cadre de sa tache de sauvegarde des métiers en difficulté, s’est donc attelé à préserver cette spécialité par la création en 1998 de l’Unité de Perfectionnement et de Recyclage en Tapisserie Murale, au sein de sa délégation régionale à Gafsa. L’ONA a ainsi recruté son ancien employé, l’artiste Hmida OUAHADA alors à la retraite, pour diriger cette unité et former une nouvelle génération d’artisanes et aussi pour réaliser de nouvelles collections.
Ce projet a aussi permis à la délégation régionale de l’ONA à Gafsa, de se doter d’une galerie exposant la plus importante collection de tapisseries murales (propriété de l’ONA).

Par la suite, on a pu voir la réapparition d’ateliers de tissage privés encouragés par les différents avantages que les pouvoirs publics ont mis à la disposition du secteur de l’artisanat : tant au niveau du financement des projets, de l’encouragement à l’installation et à la création de projets individuels que par le biais des différents programmes de formation que l’Etat a mis à la disposition des artisans privés ou des organisations non gouvernementales. La création de l’atelier piloté par l’ASM Gafsa, par exemple, s’inscrit dans ce cadre et offre à plusieurs femmes, une formation et un emploi dans le domaine du tissage.